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Période :
2024 - 2028
Rubrique :
Recherche
AMES
Partenaires

CERMES3 (INSERM, CNRS, UPC, EHESS) ; Santé Publique France ; Service de Pharmacologie du CHU de Grenoble ; Institut National de la Santé Publique du Québec.

Commanditaires

Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM) dans le cadre du Marché "AMES 2024".

Thèmes :
Vaccination / hésitation vaccinale
Problématique

Depuis les années 1990, les controverses publiques portant sur les sujets de santé se multiplient, notamment autour de l’organisation de la recherche clinique et des connaissances qui en sont issues. Une forte défiance du public est constatée à l’égard des industriels du médicament, des autorités en charge de réguler les produits issus de cette recherche ainsi que de nombreux produits issus de cette recherche clinique comme les vaccins. Ces controverses et ces attitudes du public ont été largement interprétées comme traduisant une crise de confiance dans la médecine scientifique et dans la science en général.

Objectifs

Le but de ce projet est d’analyser de manière conjointe l’image publique de la recherche clinique et les attitudes du public envers elle, en précisant leur relation. En particulier, il met à l’épreuve la théorie de la crise de confiance dans les savoirs scientifiques dans le domaine médical en prenant pour point d’entrée le rôle central de la recherche clinique, dont la publicité, donnée notamment lors des controverses, pose la question de la relation entre soin, science et politique.

Méthodologie

Un premier axe du projet se concentrait sur l’analyse du traitement public de la recherche clinique dans les médias d’information générale depuis 2005. Le pari étant d’analyser les bases de données de l’Institut National de l’Audiovisuel (INA) sur ce sujet. Malheureusement, leur système de notice s’étant avéré insuffisamment fiable pour réaliser une telle analyse sur l’ensemble des thématiques de la recherche clinique, nous avons donc dû réduire l’analyse au cas de la vaccination et de l’hydroxychloroquine.

Un second axe se centrait sur la réalisation d’enquêtes par questionnaire auprès d’échantillons représentatifs du public français.

Enfin, un troisième axe proposait de réanalyser des enquêtes par questionnaires réalisées par d’autres équipes et sous-exploitées dans la littérature.

État d'avancement

Concernant le premier axe du projet : l’analyse a été réalisée et la valorisation est en cours. Parmi nos analyses, une partie s’est concentrée sur le traitement des questions vaccinales et elles suggèrent des différences de traitement des questions vaccinales selon l’orientation politique des chaines.

Concernant le second axe : une première enquête, réalisée fin 2025, se concentrait sur la question des expériences des effets secondaires et leur relation avec certains aspects des rapports aux médicaments et la recherche dans ce domaine ; l’analyse et la valorisation sont en cours. Une seconde enquête sera réalisée en 2026 et portera sur la question de la désinformation en ligne.

Concernant le troisième axe : plus de 10 enquêtes déjà réalisées ont été réanalysées. Plusieurs articles ont déjà été publiés et d’autres valorisations sont en cours. En exploitant une très large base de données collectée en 2020 et 2021, nous trouvions notamment de fortes différences de jugements à l’égard des scientifiques durant l’épidémie de Covid-19 suivant la profession et ce, même après avoir contrôlé pour de nombreux facteurs sociodémographiques. Dans un autre travail à partir d’une enquête réalisée en 2023 consacré à cartographier les rapports à différents aspects de la science, y compris les agences d’expertise dans le domaine de la santé, nous avons aussi montré que la défiance radicale à l’égard de la science en général était très rare tandis que la défiance à l’égard de ces agences était beaucoup plus fréquente. Surtout, la propension à généraliser un doute à l’égard des agences à la science en général était davantage présente chez les personnes en bas de l’échelle sociale.