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Période :
2025 - 2026
Rubrique :
Recherche
COVJECO-REGION
Partenaires

Santé Publique France.

Commanditaires

Institut pour la Recherche en Santé Publique (IReSP) dans le cadre de l'appel à projet "Recherche en santé publique 2020, sur les Interventions, services et politiques favorables à la santé". Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Thèmes :
Covid-19
Jeunes et étudiants
Santé mentale
Problématique

Au printemps 2020, les mesures de confinement prises pour endiguer la pandémie de COVID-19 ont eu un impact sociétal très important, qui reste encore à analyser sur de nombreux aspects. Cet impact a été particulièrement marqué pour les populations les plus fragiles, dont les jeunes adultes en particulier, qu’ils poursuivent des études ou non. A l’automne 2020, les conditions de vie des uns et des autres étaient encore fortement perturbées par les mesures de prévention. Pour beaucoup de jeunes adultes, c’est leur insertion même sur le marché du travail qui pouvait être compromise. Pour les étudiants, l’acquisition de savoirs et de compétences était mise en péril. Plus généralement, la gestion de cette crise sanitaire a induit des incertitudes et inquiétudes vis-à-vis de l’avenir auxquelles les jeunes ont sans doute été particulièrement sensibles.

Objectifs

Les objectifs de ce projet se situent à plusieurs niveaux : 1) Il s’agit d’abord d’étudier les effets de la crise pandémique sur la santé mentale et le bien-être des jeunes. Le confinement a considérablement pesé sur l’équilibre psychique de cette population : l’augmentation considérable des troubles du sommeil chez les jeunes en constitue un indicateur. Il s’agit donc de suivre dans la durée l’évolution de la santé mentale des jeunes, appréhendée notamment à travers les troubles du sommeil, les symptômes anxieux ou dépressifs, les sentiments d’isolement ou de détresse. Par ailleurs, les données de renoncements aux soins en santé mentale seront également analysées ; 2) Il s’agit également d’analyser la manière dont la crise sanitaire a affecté les conditions de vie, d’études et/ou de travail des jeunes.

Méthodologie

Ce projet a porté sur les jeunes adultes, définis comme l’ensemble des personnes âgées de 18 à 34 ans. L’approche suivie a été mixte, articulant l’analyse de données quantitatives, recueillies par questionnaires passés en ligne, avec des données qualitatives, issues d’entretiens semi-directifs approfondis. Ces entretiens auprès de jeunes adultes, étudiants ou non, ont été réalisés avant/pendant/après le confinement et donné lieu à trois articles scientifiques : un chapitre paru début 2022 dans un ouvrage collectif, deux articles acceptés parus dans les revues Sociologie et Agora Débats Jeunesse en 2023. Les résultats ont montré que l’impact du premier confinement sur la santé mentale a été plus fort et plus durable parmi les 18-30 ans, et qu’il a été associé aux difficultés matérielles et relationnelles induites par le confinement, tandis que parmi les plus âgés c’est d’abord la crainte du virus qui a nourri l’anxiété. La crise sanitaire a fragilisé ainsi les catégories les plus vulnérables de la population étudiante.

Au printemps 2023, une nouvelle enquête nationale transversale en ligne par questionnaire quantitatif a été réalisée auprès de la population concernée. Les premiers résultats soulignent la rémanence des effets délétères perçus de la crise, en particulier sur les plans socioaffectif et professionnel, et la persistance d’une dégradation de la santé mentale des jeunes adultes.

État d'avancement

L’exploitation régionale de cette nouvelle enquête a été poursuivie pour fournir un état de la santé mentale des jeunes et de leur recours aux soins de santé mentale selon leur âge, leur sexe, leur type d’activité (actifs, étudiants ou inactifs) et selon leurs conditions de vie et leurs conditions sociales (isolement, revenus).

Des effets persistants de la crise sanitaire ont été rapportés par environ un quart des jeunes, à la fois sur leur santé, leur situation sociale, matérielle et leur parcours professionnel/étudiant. Des catégories de jeunes présentant une vulnérabilité accrue en matière de santé mentale ont également été identifiées (jeunes en précarité financière, femmes, inactifs). Ces résultats ont été présentés à un groupe de travail en présence de la Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur et dans le cadre d’un séminaire sur la santé mentale organisé par la Région Sud à destination des élus et des instances techniques de la Région. Des réflexions seront menées en 2026 pour valoriser ces résultats auprès des acteurs et décideurs concernés.