Projections des maladies chroniques et des coûts associés à l’horizon 2028

Période : 
2017 - 2019
Partenaires : 

GREQAM (AMSE).

Commanditaires : 

Agence Régionale de Santé Provence-Alpes-Côte d’Azur (ARS Paca).

Problématique : 

Début 2017, dans le cadre de l’élaboration du futur projet régional de santé (PRS 2), l’Agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d’Azur (ARS Paca) a sollicité l’Observatoire régional de la santé (ORS) Paca pour construire, à partir de projections démographiques et épidémiologiques, des indicateurs prospectifs sur l’évolution de certaines pathologies chroniques à l’horizon 2028, permettant d’anticiper le dimensionnement de l’offre de services de santé nécessaire pour répondre aux besoins des populations et des territoires de la région.
Une deuxième phase du projet a été initiée en 2018, dont l’objectif principal est l’évaluation prospective des coûts associés à ces différentes pathologies chroniques.

Objectifs : 

Construire des indicateurs prospectifs de besoins de soins sur plusieurs pathologies (diabète traité, maladies cardiovasculaires, affections respiratoires, cancers, maladies neurodégénératives) en fonction de variantes démographiques et épidémiologiques à l’échelle régionale à l’horizon 2028, puis estimer les coûts associés à leur prise en charge.
Ces éléments quantitatifs permettront de mieux anticiper les comportements de consommation de soins et les dépenses de santé liées aux pathologies considérées pour les dix prochaines années, ainsi que les ressources humaines et financières à mobiliser.

Méthodologie : 

Trois sources d’informations ont été utilisées : 1) le modèle Omphale 2017 pour les projections démographiques ; 2) les données du DCIR (Datamart de Consommation Inter-Régime) régional 2013-2016 pour les données épidémiologiques et les consommations de soins ; 3) la cartographie Cnamts version G5 de 2018 pour les algorithmes d’identification des pathologies chroniques. L’étude se fait en deux temps : un point sur la situation en 2016 et une analyse prospective des dépenses à l’horizon 2028. La construction d’indicateurs prospectifs repose sur la constitution de scénarios fondés sur des hypothèses quant à l’évolution de certains paramètres relatifs aux populations étudiées.
Pour l’évolution des prévalences : 1) un "scénario épidémiologique constant" (scénario 1), qui reconduit à l’identique les taux de prévalence par sexe, âge décennal et département entre 2016 et 2028 ; 2) un "scénario épidémiologique tendanciel" (scénario 2), qui prolonge l’évolution constatée sur la période 2013-2016 des taux de prévalence. Pour l’évolution de la consommation de soins : 1) un "scénario de consommation constant" (scénario 1a), qui consiste à appliquer les dépenses moyennes observées en 2016 aux effectifs attendus jusqu’en 2028, obtenus à partir du scénario épidémiologique constant ; 2) un "scénario de consommation tendanciel" (scénario 1b), qui correspond à l’application de la projection linéaire des dépenses moyennes observées sur la période 2013-2016 aux mêmes effectifs.

État d'avancement : 

À la fin du premier trimestre 2019, toutes les estimations ont été réalisées et diffusées au commanditaire. Elles seront prochainement mises en ligne sur le site de l’ORS.
Une hausse de 20 à 30 % de personnes souffrant de maladies cardiovasculaires est attendue d’ici 2028, soit un effectif total de patients à soigner allant de 480 000 à 523 000. La dépense totale de soins pourrait passer de 4,4 à 5,6 milliards d’euros, sous l'effet des soins infirmiers, des dépenses de transports et des hospitalisations en SSR (soins de suite et réadaptation). Près de 300 000 habitants en région Paca pourraient souffrir de cancers à l’horizon 2028. Le montant des soins liés aux cancers pourrait atteindre 4,5 milliards d’euros, soit une hausse de 45 %, sous l’effet des consultations de médecins spécialistes, des soins infirmiers, des médicaments, des dépenses de transports et des hospitalisations en MCO (Médecine Chirurgie Obstétrique). Une personne de 75 ans et plus sur dix pourrait souffrir de démence en 2028. Les dépenses de soins pour cette maladie pourraient passer de 880 millions d’euros à 1,2 milliard d’euros, du fait des hospitalisations en psychiatrie et en SSR.