Construction d’indicateurs prospectifs sur les besoins de soins

Période : 
2016 - 2017
Partenaires : 

Groupement de Recherche en Économie Quantitative d'Aix-Marseille (Greqam).

Commanditaires : 

Agence Régionale de Santé Provence-Alpes-Côte d’Azur (ARS PACA).

Problématique : 

Afin de faciliter la mise en oeuvre de la stratégie nationale de santé, il est proposé de renforcer le caractère stratégique et l'opérationnalité de la programmation régionale en simplifiant et assouplissant les Projets régionaux de santé. La dimension stratégique des projets des agences régionales de santé sera revue, en conformité avec les priorités de la stratégie nationale de santé et ses orientations seront inscrites dans une temporalité de dix ans, cohérente avec les modifications d'état de santé attendues.

Objectifs : 

Pour aider l’ARS Paca dans l’élaboration de son futur projet régional de santé (PRS 2), l’ORS Paca a construit des indicateurs prospectifs de besoins de soins sur plusieurs pathologies (5 maladies non transmissibles : Bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) / asthme, Cancers, Diabète, Démences, Maladies cardiovasculaires / AVC) en fonction de variantes épidémiologiques à l’échelle régionale à l’horizon 2028.

Méthodologie : 

Différentes bases de données ont été utilisées pour construire ces indicateurs, dont les données du recensement de population de l’INSEE pour définir l’évolution démographique de la population (répartition par sexe, âge et territoire), et les données de l’EGB (Échantillon Généraliste des Bénéficiaires) pour caractériser les profils épidémiologiques. L’étude présente différents scenarii d’évolution des prévalences, en fonction des hypothèses retenues et de la variation des paramètres choisis. Un scénario central consiste à étudier l’effet propre de l’évolution démographique (vieillissement de la population), sous l’hypothèse du maintien des taux de prévalence observés actuellement pour des pathologies chroniques. Autour de ce scénario central, différentes variantes épidémiologiques ont été considérées, de façon à fournir un cadre d’évolution plus flexible, en fonction d’hypothèses d’évolution plus ou moins favorables.
L’ORS Paca, en collaboration avec les équipes de l’UMR SESSTIM et du Groupement de Recherche en Économie Quantitative d'Aix-Marseille (GREQAM / AMSE), a déjà travaillé sur ce type de projet. Actuellement, certains des membres des équipes du SESSTIM et du GREQAM participent à un projet européen pour construire un outil de modélisation plus complet, valide pour différents pays Européens et potentiellement utilisable à des échelles plus fines. Les équipes de l’ORS Paca se sont appuyées sur l’expérience de ces partenaires pour élaborer ces indicateurs prospectifs.

État d'avancement : 

Les analyses ont été réalisées pour chacune des pathologies considérées. D’après les estimations, entre 5,9 % et 7,6 % de la population régionale pourrait être traitée pour le diabète (soit une hausse de près de 20 % par rapport à 2015, avec un effectif supplémentaire de 50 000 personnes) ; de même, une hausse de 23 à 40 % du nombre de personnes souffrant de maladies cardiovasculaires est attendue d’ici 2028, soit un effectif total de patients à soigner allant de 400 000 à 450 000. Entre 5,1 et 6,5 % de la population régionale pourraient être concernés par la BPCO en 2028, soit entre 275 000 et 350 000 habitants à prendre en charge pour cette pathologie. L’accroissement du nombre de malades par cancer serait compris entre 20 et 70 % à l’horizon 2028, soit un effectif total allant de 279 000 à 392 000. Une personne âgée de 80 ans et plus sur six pourrait être touchée par une maladie neurodégénérative, avec une hausse pouvant aller jusqu’à 72% du nombre de patients à prendre en charge, pour un effectif total compris entre 85 000 et 106 000 personnes.

Les résultats de l'étude sont disponibles en ligne sur le site du SIRSéPACA : http://www.sirsepaca.org/actualites/depot/187_actu_fichier_joint.pdf