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Suivi et analyse des données relatives aux populations vulnérables dans le cadre de la cohorte ANRS CO22 HEPATHER

Problématique : 

La cohorte ANRS CO22 HEPATHER comprend à ce jour 20 990 patients infectés par l’hépatite B et/ou l’hépatite C. Lancée officiellement le 17 mars 2014, cette cohorte permet d’étudier l’évolution de la maladie hépatique en phase chronique. L’objectif général est de mesurer les bénéfices et les risques associés aux différentes modalités de prise en charge thérapeutique des hépatites B et C et d’en identifier les déterminants individuels, virologiques, environnementaux et sociaux. Dans le cadre de cette cohorte, notre équipe s’intéresse en particulier à l’analyse des problématiques liées à l’hépatite C, aux trajectoires de santé des patients infectés et à leurs comportements après la guérison, dans le contexte de l’arrivée de nouveaux traitements de l’hépatite C offrant un taux de guérison proche de 100%. La majorité des articles scientifiques sur les effets de la guérison se focalisent surtout sur les paramètres cliniques et les essais cliniques n’incluent quasiment jamais des patients issus de populations vulnérables (usagers de drogues, migrants, personnes socialement précaires). Ce manque d’information rend difficile la compréhension des trajectoires comportementales des personnes infectées par une hépatite virale B ou C et l’élaboration de stratégies ciblées pour réduire la transmission des hépatites virales dans ces populations. Recueillir des données auprès de ces populations vulnérables n’est pas toujours facile. La cohorte HEPATHER offre une opportunité unique d’étudier les comportements et trajectoires de santé des patients les plus vulnérables, et d’évaluer si ces patients présentent les mêmes trajectoires comportementales et psychosociales post-guérison de l’hépatite C que les patients sans vulnérabilités spécifiques.

Objectifs : 

-Étudier l’impact de la vulnérabilité psychosociale et d’autres facteurs sur le parcours de soins, et les trajectoires addictives/psychiatriques et sociales avant et après la guérison du VHC.
-Étudier l’impact de la vulnérabilité psychosociale, des comportements et du parcours de soins sur l’évolution de la fibrose hépatique, des troubles métaboliques, et sur la mortalité.

Méthodologie : 

La méthodologie s’articule en deux phases :
1) Définition de groupes de patients dans la cohorte selon leurs caractéristiques de vulnérabilité, et choix des critères de jugement pertinents évaluables au cours du temps
2) Analyse statistique

État d'avancement : 

De premiers résultats ont été présentés dans des conférence nationales (journées de l’Association Française pour l’Etude du Foie : AFEF) ou internationales (European Public Health conference : EPH, conférence de l’American Association for the Study of Liver Diseases : AASLD). Ils portaient par exemple sur l’importance de mettre en place des interventions favorisant le contrôle de la consommation d’alcool et la réduction du tabagisme, ainsi que des actions de promotion des comportements anti-inflammatoires (consommation de café) et d’éducation à la santé en particulier à destination des patients de faible statut socio-économique, dans le cadre du suivi médical des patients guéris de l’hépatite C.
L’année 2020 sera consacrée aux études suivantes :
- re-positivation VHC
- morbidité et mortalité et qualité de vie dans les groupes de populations vulnérables
- modification des comportements addictifs avant et après la guérison
- facteurs associés au recours aux soins tardif (late presentation)
- parcours de soins "rétrospectifs" des populations vulnérables
- analyse de la Réponse Virologique Soutenue (RVS) dans les autres groupes vulnérables