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Sanu gundo (jòli sègèsègèli – furakèli – jàntoli) : Enquête sur la faisabilité d’une prise en charge communautaire du VIH, et son impact sur l’accès et la rétention dans les soins dans les zones d’orpaillage au Mali

Problématique : 

La convergence de populations clés sur les sites d’orpaillage laisse présumer de la forte exposition au risque VIH pour les personnes qui vivent sur ces sites. Le contrat d’initiation Sanu Gundo a montré une prévalence de 8% sur le site de Kokoyo, largement supérieure au 1,1% national. Les taux importants de perdus de vue suggèrent les difficultés expérimentées par le système de santé pour le suivi des personnes vivant avec le VIH (PVVIH). L’introduction d’une offre de prise en charge communautaire du VIH à proximité des populations dans les sites d’orpaillage pourrait contribuer à l’amélioration non seulement de l’accès à la prévention et au dépistage du VIH, mais aussi de l’accès à la rétention dans les soins.

Objectifs : 

Ce projet "Sanu Gundo (jòli sègèsègèli – furakèli – jàntoli)", signifiant "Le secret de l’or (dépister - soigner - surveiller)", s’inscrit dans la continuité du contrat d’initiation ANRS-12339 Sanu Gundo réalisé en collaboration avec l’association malienne ARCAD-SIDA en 2015 dans le cadre d’une recherche communautaire. L’objectif général du projet est d'étudier la faisabilité de la prise en charge (PEC) communautaire dans le contexte des zones d’orpaillage et évaluer sa contribution à la mise en relation des PVVIH avec le système de santé et leur rétention dans les soins, ainsi que son effet sur leur état de santé.

Méthodologie : 

Il s’agit d’un essai d’intervention non-randomisé avec des activités communautaires incluant un test de dépistage du VIH organisées par ARCAD-SIDA sur deux sites d’orpaillage. Les PVVIH identifiés sur le site de Fala acceptant de participer à l’étude constitueront le groupe contrôle et seront orientées en accord avec les recommandations actuelles vers les Centres de Santé de Référence (CSREF) pour une prise en charge (PEC) classique. D’autre part, les PVVIH du site de Kofoulatiè acceptant de participer à l’étude et la PEC communautaire du VIH par ARCAD-SIDA constitueront le groupe intervention. L’efficacité de l’intervention devrait se manifester sur une différence du taux de perdus de 30% dans la PEC classique (i.e. niveau national) à 12% dans la PEC communautaire (activités de PEC d’ARCAD-SIDA sur d’autres populations). Pour mettre en évidence cette différence, les activités d’ARCAD-SIDA seront proposées à 3876 personnes (1784 femmes et 2092 hommes) permettant de reproduire la prévalence du VIH de l’ordre de 8% estimée lors du contrat d’initiation. L’échantillon sera constitué par 310 personnes : 147 sur le site de Fala (groupe contrôle) ; et 163 sur le site de Kofoulatiè (dont 147 dans le groupe intervention et 16 acceptant l’étude mais refusant la PEC communautaire). Des données individuelles seront collectées à différents points dans le temps : 1 mois après le dépistage du VIH (M1) et tous les 3 mois jusqu’à M12. Des prélèvements sanguins sur papier buvard seront collectés à M0, M6 et M12 afin de mesurer la charge virale comme mesure objective de l’état de santé des participants.

État d'avancement : 

Le projet a démarré officiellement en avril 2019. Un chef de projet a été recruté au Mali et les équipes de recherche sont actuellement dans une phase de préparation : élaboration des documents et outils d’enquête, préparation des procédures de collecte de données, etc. Le protocole sera soumis au Comité d’Ethique malien fin novembre 2019. Une réunion de démarrage avec les autorités maliennes est prévue en mars 2020 ; les activités sur le terrain démarreront en avril 2020.