Vous êtes ici

Enquête sur les conditions de travail du personnel soignant dans les zones rurales du Sénégal : impact de l'offre de travail sur la prise en charge du VIH et ses co-morbidités (VHB, VHC, et TB), mise en perspective avec le milieu urbain

Problématique : 

La raréfaction des ressources humaines et financières internationales met à l'épreuve les structures de santé des pays en développement qui doivent répondre à l'augmentation de la demande tout en préservant la qualité des soins. Dans ce contexte, la pénurie de professionnels de santé est un défi majeur pour les autorités de nombreux pays Africains. L'organisation de leur force de travail est inadaptée car leur stratégie de production de professionnels de santé se base exclusivement sur la demande des soins, ce qui génère des disparités géographiques. En effet, les zones rurales manquent de personnel soignant qualifié alors qu'en ville, on observe un taux de chômage élevé parmi les médecins et les infirmier(è)s. Dans l'ensemble du Sénégal (hors Dakar) la densité médicale est 5 fois plus faible qu'à Dakar même. Dans le domaine de la santé, les efforts du gouvernement sénégalais à l’échelle nationale pourraient être compromis par la situation sanitaire précaire des zones rurales. Il est crucial de comprendre les facteurs déterminant l’offre de travail et les dynamiques des ressources humaines dans le milieu de la santé.

Objectifs : 

Etudier l’impact de l’offre de soins, des conditions de vie du personnel soignant et de leur offre de travail sur l’activité des structures sanitaires dans les zones rurales de Niakhar et Bandafassi au Sénégal. Ces données seront mises en perspective avec les données du personnel soignant en milieu urbain à Dakar.

Méthodologie : 

Ce projet est basé sur la réalisation d’une enquête qualitative et d'une enquête quantitative. Les deux enquêtes seront réalisées auprès du personnel soignant incluant les matrones des structures sanitaires des zones rurales de Niakhar et Bandafassi au Sénégal : cela représente 2 hôpitaux régionaux, 2 centres de santé, 9 postes de santé et 12 cases de santé (ces dernières étant des structures à la base de la pyramide sanitaire, généralement gérées par des matrones et/ou des agents communautaires).
Pour l’enquête qualitative, des entretiens individuels semi-dirigés seront réalisés auprès de 10 médecins, et 5 groupes de discussion (2 dans chaque zone rurale et 1 à Dakar) auprès de professionnels de santé autres que les médecins (infirmier(e)s, aide-soignant(e)s, matrones, etc.).
Pour l’enquête quantitative, des fiches standardisées seront utilisées, d’une part pour collecter des informations concernant les caractéristiques des structures sanitaires concernées par les trois zones géographiques (e.g. aspects organisationnels et économiques, services disponibles, ressources physiques et humaines ; activité en général et concernant les maladies transmissibles, etc.). D’autre part, un questionnaire en face-à-face sera administré auprès d’environ 450 personnes réalisant une activité directement en lien avec les services de santé (i.e. personnel soignant) afin de collecter des informations sur leurs conditions de vie et de travail. Les chefs des structures sanitaires seront contactés 6 mois après l’enquête afin d’identifier les membres du personnel soignant ayant réalisé une mobilité définitive.

État d'avancement : 

La phase de préparation administrative et la réunion d’initiation avec l’ANRS ont été réalisées le 3 avril 2019. Les conventions entre l’IRD et les organismes gestionnaires ont été signées fin 2019. Le protocole sera soumis au Comité d’Ethique sénégalais en mars 2020. En fonction de la réponse, une réunion de démarrage sera réalisée au plus tard en juin 2020. Cela permettra le début des activités de collecte de données à l'automne 2020.