EBOLA : rumeurs, polémiques et controverses. Perspectives depuis le monde du numérique

Problématique : 

L’étude coordonnée porte sur les processus de circulation et de transformation des informations sur l’épidémie d’Ebola diffusées par les autorités de santé et humanitaires (gouvernementales et ONG, locales et internationales) dans les pays suivants :
- Au Sud : Guinée, Côte d’Ivoire
- Au Nord : France, Canada

Objectifs : 

L'objectif est de cartographier et d’analyser la “géographie du blâme” et les réponses apportées en matière de prévention et de traitement de l’épidémie d’Ebola grâce à une collecte de données dans les médias dits "traditionnels" et dans le monde numérique et en particulier sur Twitter et Facebook, complétée par des enquêtes de terrain localisées essentiellement en Guinée et mais aussi en Côte d’Ivoire.

Méthodologie : 

Le recueil des données est réalisé à partir de deux principaux types de sources :
1. les messages de réseaux sociaux qui commentent les articles de presse, avec un accent particulier mis sur Twitter, et les médias en ligne, en particulier les articles et billets de blogs associés à des médias reconnus et des observations "profanes" postées sur les sites des médias, les files de discussions sur des forums spécialisés ou non ;
2. les données recueillies par le biais d’enquêtes ethnographiques en Guinée et en Côte d’Ivoire.

État d'avancement : 

La collecte des données pour les deux modules (médias sociaux et ethnographique) et leurs analyses ont été réalisées par l’équipe composée d’une alliance de chercheurs français, guinéens, ivoiriens, canadiens et américains venant de deux mondes de la recherche, les uns étant spécialisés en sciences de la communication et étude du net et des médias sociaux (Universités Paris 2, Metz et Paris Ouest Nanterre), les autres étant spécialisés en sciences sociales – anthropologie et sociologie – et santé publique (Université de Conakry en Guinée, LASAG en Côte d’Ivoire, Université McGill et Université de Toronto au Canada, IRD, EHESS et FMSH en France, et Universités Columbia et CUNY aux Etats Unis).
Les analyses ont déjà donné lieu à la publication de deux ouvrages et sept articles (dont quatre dans des revues internationales) et plusieurs articles sont en cours de soumission sur :
- les grandes figures de la rumeur en temps d’Ebola sur Twitter et Facebook,
- les rumeurs sur la transmission par le sperme de Zika et d’Ebola sur Twitter ;
- la viande de brousse et Ebola en Guinée et Côte d’Ivoire ;
- les mots et les images de la rumeur en temps d’Ebola dans les médias et sur les médias sociaux.
- les pratiques funéraires traditionnelles et la mobilisation de la rationalité scientifique chez les internautes
- l'utilisation de l'analyse des conversations sur les réseaux sociaux pour contribuer au ciblage et au perfectionnement des communications sur la santé
- les humanitaires dans la lutte contre l'épidémie d'Ebola
- la circulation de l'information en période d'Ebola: Twitter et la transmission sexuelle d'Ebola par les survivants.