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Pratiques et opinions des médecins généralistes pendant le confinement lié au Covid-19

Problématique : 

L’épidémie de Covid-19 et le confinement généralisé ont profondément bouleversé l’activité médicale de premier recours. Dans ces circonstances exceptionnelles, il était essentiel de recueillir, directement auprès des médecins généralistes de ville, des informations sur leur pratiques, leurs opinions sur les mesures mises en place pour gérer l’épidémie et leur perception des risques liés à la Covid-19, pour mieux comprendre comment ils se sont adaptés.

Objectifs : 

Début avril 2020, la Direction de la Recherche, des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques (DREES) et l’ORS PACA ont réalisé une enquête "flash" auprès des médecins généralistes pour connaître leurs opinions et pratiques pendant le confinement lié au Covid-19.

Méthodologie : 

La collecte a été réalisée auprès des membres du quatrième panel national d’observation des pratiques et des conditions d’exercice en médecine générale de ville, enrichi de deux sur-échantillons pour les régions partenaires (environ 3000 médecins inclus). Pour l’enquête flash, les participants à ce panel de la DREES ont été interrogés du 9 au 21 avril 2020 par internet. Le questionnaire abordait notamment l’évolution de la charge de travail des médecins généralistes et l’organisation qu’ils ont adoptée pendant le confinement pour suivre leurs patients habituels ainsi que leur perception de la gravité et l’ampleur de l’épidémie. Cette enquête "flash" est soumise en matière de rigueur et de qualité aux exigences de la statistique publique. Près de 1200 médecins généralistes de ville ont participé à cette enquête.

État d'avancement : 

Les résultats de la première vague d’enquête réalisée entre le 9 et le 21 avril 2020 montre que le volume horaire de 9 généralistes sur 10 a diminué pendant la première quinzaine d’avril, entrainant une baisse du temps de travail moyen de 13 % à 24 %. Pour assurer le suivi de leurs patients, 7 médecins généralistes sur 10 ont mis en place de la téléconsultation, tandis que 4 sur 10 ont eu recours aux visites à domicile. Seulement 1 médecin généraliste sur 10 a déclaré que plus de la moitié de ses consultations a eu pour motif principal la Covid-19, cette proportion étant de 1 sur 4 dans les départements les plus touchés par l’épidémie. Les demandes de soins pour stress, troubles anxieux ou dépressifs ont augmenté par rapport à la normale pour plus d’1 médecin sur 2 alors que les autres motifs de consultations (suivi de pathologies chroniques, suivi de grossesse, suivi pédiatrique) ont fortement et majoritairement diminué. Concernant les perceptions des médecins généralistes face à la crise sanitaire, 4 sur 10 considéraient l’épidémie Covid-19 particulièrement grave contre 7 personnes sur 10 en population générale et un quart des médecins estimait leur risque d’être contaminé élevé. A la mi-avril, 6 médecins sur 10 estimaient ne pas pouvoir se protéger efficacement lors des consultations. Parmi eux, deux tiers déclarent s’en sortir par le "système D". Un médecin généraliste sur 3 a craint de contaminer ses patients lors des consultations. Seul 1 médecin sur 6 s’était fait dépister à la mi-avril. Deux médecins sur 3 jugent que les recommandations officielles diffusées sur le site du Ministère étaient claires. Ses résultats soulignent l’intérêt d’un outil comme le panel et la possibilité de le mobiliser en cas de crise.
Des analyses régionales sont actuellement en cours.
Une seconde vague d’enquête, portant sur la période de déconfinement est en cours.